La Meurthe-et-Moselle, entre mémoire industrielle et art de vivre lorrain

Une Lorraine de paysages, de rivières et de cristal

La Meurthe-et-Moselle a parfois la réputation d’être un territoire sévère, marqué par le grand centre industriel de Longwy et par les ouvrages de la ligne Maginot. Pourtant, le département révèle très vite un tout autre visage. Les paysages champêtres se succèdent, avec des vallons doux, des prairies humides, des vignobles qui, du côté de Toul, produisent un excellent vin gris A.O.C, des étangs paisibles, des lacs et de vastes étendues forestières. C’est un pays de rivières et de coteaux, mais aussi un territoire de villes historiques au patrimoine remarquable.

Le département compte également des cristalleries de renom, à commencer par Baccarat, où l’on découvre la magie de la transformation de la pâte de verre en cristal, et par Nancy, où la maison Daum perpétue un savoir-faire verrier d’exception. Entre vallées de la Meurthe, de la Moselle et de la Meuse, le visiteur passe ainsi sans transition du souvenir des hauts-fourneaux à la délicatesse d’un vase gravé ou d’un vitrail de cristal.

Nancy et le cœur raffiné de la Meurthe-et-Moselle

Nancy, la préfecture, doit au roi Stanislas un ensemble architectural du xviiie siècle d’une cohérence rare, aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. La place Stanislas, reliée à la place de la Carrière et à la place d’Alliance, forme un décor monumental de grilles dorées, de fontaines et de façades harmonieuses qui demeure l’un des plus beaux ensembles urbains d’Europe. Autour, la ville déploie un riche patrimoine de musées, d’églises et d’hôtels particuliers, héritage de son passé de capitale ducale.

Nancy est aussi le berceau de la célèbre École de Nancy, mouvement majeur de l’Art nouveau animé par Daum, Gallé, Majorelle, Gruber, Vallin et quelques autres. Le musée de l’École de Nancy permet de retrouver l’atmosphère de cette époque, tandis que le musée des Beaux-Arts conserve des vitrines entières de verreries. Les rues anciennes recèlent de beaux immeubles, de ferronneries délicates et de façades ornées de motifs végétaux caractéristiques. La ville vit au rythme de nombreuses manifestations, comme les fêtes de la Saint-Nicolas, le livre sur la place, les festivals de jazz ou les spectacles de son et lumière projetés sur la place Stanislas aux beaux jours.

En suivant la vallée de la Meurthe, on atteint Saint-Nicolas-de-Port, dominée par la silhouette de sa basilique gothique flamboyante, haut lieu de pèlerinage dédié à saint Nicolas. Plus au sud, Lunéville déroule autour de son vaste château, parfois surnommé le « Versailles lorrain », une ville élégante où se côtoient jardins à la française, musées et témoignages de la vie de cour des ducs de Lorraine. Dans la région, les paysages alternent entre forêts profondes, rivières et plans d’eau, comme le lac de la Pierre-Percée, situé non loin de Baccarat, capitale du cristal, où la visite du musée et des ateliers dévoile les différentes étapes de la fabrication.

En s’éloignant vers l’ouest, l’itinéraire conduit à Gerbéviller et au val de Mortagne, puis à Vézelise, Bayon, Haroué et à la colline de Sion, promontoire emblématique du pays Saintois. Cette haute butte, couronnée par la basilique, offre de beaux panoramas sur les campagnes lorraines. Dans ces villages fleuris, les maisons de pierre, les petites places et les monuments religieux composent un décor chaleureux et vivant, entretenu avec soin par les habitants.

Vallées de la Meuse, de la Moselle et mémoire industrielle

Plus au nord, Toul s’installe dans une boucle de la Meuse, entre collines et coteaux. L’ancienne cité épiscopale dresse fièrement la flèche de sa cathédrale gothique, dont le chœur lumineux et les verrières racontent des siècles d’histoire religieuse. Non loin de là, l’église Saint-Gengoult et son cloître offrent un havre de calme. Dans ce pays de vignobles, le vin gris de Toul accompagne naturellement la découverte des paysages et des caves.

À quelques kilomètres, Vannes-le-Châtel abrite l’école des arts verriers. Les démonstrations de soufflage de verre fascinent les visiteurs et prolongent la tradition artisanale de la région. En suivant le cours de la Moselle, le voyage mène ensuite à Pont-à-Mousson, dont la place Duroc, bordée de maisons à arcades des xvie et xviiie siècles, forme un décor particulièrement harmonieux. La ville conserve de belles églises et l’imposante abbaye des Prémontrés, aujourd’hui centre culturel où se tiennent expositions, concerts et rencontres.

Non loin de là, le vieux bourg médiéval de Liverdun, juché sur un éperon rocheux, domine une boucle de la Moselle. Ses remparts, son église, sa porte et ses ruelles étroites rappellent le rôle stratégique du site. Plus à l’est, la vallée du Rupt de Mad, autour de Thiaucourt et de Jaulny, séduit les pêcheurs, les amateurs de canoë-kayak et les promeneurs en quête de nature préservée, entre prairies, petites falaises et villages posés au bord de l’eau.

Au nord du département, le plan d’eau de Briey constitue une halte agréable. À proximité se dresse la Cité radieuse conçue par Le Corbusier, témoignage de l’architecture moderne de la seconde moitié du xxe siècle. De là, se dessine un triangle qui mène à Longuyon puis à Longwy, en passant par le fort de Fermont, spectaculaire ouvrage souterrain de la ligne Maginot. Ce fort, avec ses galeries, ses casemates et ses blocs de tir, permet de prendre la mesure des efforts de défense consentis avant la Seconde Guerre mondiale.

Longwy, marqué par un passé sidérurgique intense, perpétue aujourd’hui son savoir-faire à travers la production d’émaux et de faïences décorées. Les anciennes fortifications de Vauban, dont la porte de France, rappellent aussi le rôle militaire de la ville. Dans toute cette partie septentrionale de la Meurthe-et-Moselle, les hauts-fourneaux, les cités ouvrières, les forts et les musées consacrés à la sidérurgie ou à la défense se mêlent aux paysages de prairies et de forêts, donnant au territoire une personnalité singulière, à la fois laborieuse et attachante.

Saveurs lorraines et art de vivre en Meurthe-et-Moselle

La Meurthe-et-Moselle se découvre aussi par la table. La cuisine locale met volontiers en avant les œufs, la crème fraîche, le beurre et le lard. Les potées, les tourtes et les pâtés complètent naturellement les quiches, souvent servies bien dorées, généreusement garnies et accompagnées de salades croquantes. Les poissons des rivières et des étangs, comme le brochet, la perche ou la truite, trouvent aussi leur place sur les cartes, parfois en matelote ou en gratin, parfois simplement grillés.

Les vergers et les jardins apportent leur touche de douceur. Les mirabelles, véritables emblèmes de la région, se déclinent en tartes fondantes, en confitures, en fruits confits ou en délicates eaux-de-vie. Les pâtissiers rivalisent d’imagination pour proposer macarons, bergamotes de Nancy, madeleines, chardons à l’alcool, dragées et autres petites gourmandises qui remplissent les vitrines des confiseries.

Le vin gris de Toul accompagne volontiers ces spécialités salées, tandis que les eaux-de-vie de fruits, qu’il s’agisse de mirabelle, de quetsche, de kirsch ou de poire, concluent les repas sur une note parfumée. Dans les villages comme dans les villes, les marchés hebdomadaires, les fêtes gourmandes et les tables conviviales prolongent cette tradition de convivialité. Entre patrimoine industriel, art verrier, vignobles, rivières et douceurs sucrées, la Meurthe-et-Moselle offre ainsi au visiteur un condensé de Lorraine à la fois discrète, chaleureuse et profondément attachante.

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